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Lights, Camera, Action ! :: out of character :: rps

River Flows Between Us - ft. Seo Jin Hwan & Song Yoo Jin

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Mer 20 Juil - 3:30

River flows between us
Franchement, il abuse.

Siwan est chanceux que je lui porte un amour que je ne peux quantifier parce qu’au cas contraire, il aurait eu à revenir à la maison au milieu de sa journée de travail. Le bullding où nous habitons avec nos familles séparées et reconstruites nous fait office de toit à tous; ce n’est donc pas étonnant qu’un double de la clé de son appartement décore mon trousseau et vice versa. Ce matin, mon demi-frère avait quitté trop rapidement et avait oublié des documents importants. Il devait absolument les récupérer avant le milieu de l’après-midi et ne pouvant quitter l’agence, il s’était rabattu sur son seul et unique espoir: moi. Autant dire que ça me plaisait de me sentir indispensable, mais plutôt mourir que de lui avouer, même à demi-mot. De toute manière, ce petit rusé devinait chaque mot affectueux derrière tous mes sarcasmes. Notre conversation rapide de ce matin n’en avait pas fait exception. Pour lui, je pouvais oublier la KG et faire un détour à son agence pour lui apporter ce qui était si précieux en ce jour. D’ailleurs, c’est ce que j’avais fait un peu à contre cœur. Comme une litanie, je m’étais répété que j’étais là pour Siwan et pour personne d’autre. Aigoo, il m’en faisait voir de toutes les couleurs.

Une fois ma mission accomplie – et lui avoir fait promettre de m’emmener manger de la viande au restaurant – je reprend le chemin inverse pour quitter ce lieu le plus rapidement possible. Loin de moi l’idée de m’attarder dans cette agence qui m’a laissé tomber à la première petite difficulté. Et dire qu’elle n’a eu aucune dignité en rampant vers moi lors de mes années universitaires à l’UNAC est un doux euphémisme. Alors que j’attends patiemment l’ascenseur qui semble prise par le trafic d’idoles, je reçois un message texte de mon manager qui me réclame le pus tôt possible pour discuter de ma dernière composition. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, nous en avons parlé il n’y a pas plus tard que ce matin. Agacé, je lève les yeux et remet mes lunettes de soleil. Soudainement impatient, je prends l’escalier pour éviter tout le remue-ménage de l’ascenseur, mais pardonnez mon empressement, je m’arrête à un mauvais étage.

J’aurais pu reprendre mon chemin, mais les notes d’un instrument que je connais que trop bien flottent jusqu’à moi. C’est un murmure enchanteur qui gonfle mon cœur et hypnotise mon esprit de telle sorte que je la chasse à pas feutrés. Silencieusement, je m’arrête devant une porte entrouverte qui laisse entendre une mélodie imparfaite, mais si merveilleuse que je la reconnaîtrais parmi tant d’autres. Pendant un instant, des mouvements de danse contemporaine s’imposent à mon imagination et je fais appel à mon bon sens pour ne pas craquer. Alors que le rythme du piano ralenti doucement, je pousse un peu la porte pour découvrir qu’il n’y a qu’un homme dans la pièce. Probablement un peu plus jeune que moi, mais avec tout ce vide qui nous sépare, rien n’est moins sûr. Le sans gêne que je suis pousse entièrement la porte et s’accote nonchalamment au cadre.

-Comme ça, la KG recrute des pianistes dans la vingtaine, lancé-je ironiquement en enlevant mes lunettes pour les déposer derrière ma tête. Tu devrais revoir le mouvement que tu fais avec ton auriculaire gauche.

Pour la politesse, je passe mon tour volontiers. Être entre les murs de la Knockout Global me rend davantage irritable et même si la résonnance du piano me chatouille encore les oreilles, il m’est impossible d’aborder en toute gentillesse quelqu’un qui affiche leur nom. Et ce malgré tout le talent que j’ai pu percevoir dans le jeu de ce gars; imparfait, mais magnifique.            
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Mer 20 Juil - 21:50

River flows between us
Il n'avait envie que d'une chose, c'était de jouer du piano.

Alors que ses débuts étaient imminent, celui-ci dérogea de son entraînement quotidien pour se réfugier dans la salle de musique de l'agence. S'il était toujours si obéissant, aujourd'hui c'était une situation à part. Depuis plusieurs semaines la seule chose qu'il faisait c'était s'entraîner à danser de manière intense de manière à être parfait pour le jour  J. Parce que en plus d'être le leader du futur groupe, il était aussi devenu main dancer. De ce fait il devait être irréprochable devant les autres membres, pour ainsi dire montrer l'exemple. Ainsi, il fût tant obsédé par ses débuts qu'il en oublia sa passion première qui était le piano, la chose qui lui avait justement donné envie de devenir chanteur un jour. Il n'avait plus touché un clavier ou joué la moindre mélodie depuis presque une éternité, au point qu'il avait presque oublié comment on utilisait l’instrument. Alors aujourd'hui il avait craqué.

Une fois arrivé à l'intérieur de la salle, les réflexes du garçon furent rapidement restaurés au point qu'une fois devant le piano, ses doigts se mirent à se mouvoir naturellement. Entrant presque en transe, le garçon ferma les yeux tandis qu'il se laissait bercer par la mélodie crée. C'était unique, exquis, il était si heureux de pouvoir rejouer qu'il avait l'impression qu'avant tout cela il avait perdu une partie de lui-même ; celle qui vivait pour la musique. La joie était à son paroxysme, et l'addiction reprenait. S'il s'était promis de ne jouer qu'un court instant, mais désormais il avait perdu la notion du temps et il avait déjà oublié ses obligations.

Mais rapidement, la joie laissa place à la frustration. Parce qu'il avait perdu son niveau d'antan, depuis qu'il était trainee il n'avait plus autant de temps à se consacrer au piano. Ses oreilles sifflèrent, parce que les erreurs se multipliaient, que ses doigts n'arrivaient pas à suivre la cadence qu'il désirait. Pourtant il s'en rappelait comme si c'était hier. De la manière dont il jouait par le passé, et ça le rendait fou, de savoir qu'il était devenu si mauvais. Il avait toujours la légerté dans les doigts, mais ses réflexes rouillèrent avec le temps. Il s'entêta de jouer le même morceau, son morceau favori  jusqu’à atteindre la perfection, et même si cela allait prendre des heures, rien ne pouvait arrêter le garçon. Après tout c'était dans sa nature, tant il était perfectionniste, les erreurs et les échecs ne pouvaient exister.

Puis soudainement, autant pouvait-il être obsédé par son occupation, qu'une voix brisa l'harmonie qui s'était crée, le déconcentrant terriblement. Rapidement, le garçon vit rouge, tant les paroles prononcée par l'homme l'agaçait. Une fausse note fit irruption, tandis qu'il lui rétorquait « Je me passerai de tes commentaires. Et à ce que je sache, je n'ai pas de prof de piano » Jinhwan n'était pas méchant. Loin de là, mais à cet exact instant où l'inconnu l'avait abordé il était bien plus qu'irritable. Était-ce un compositeur ? Son faciès lui était inconnu, mais vu la manière dont il lui avait parlé il ne valait mieux pas qu'il ne se croisent à nouveau. Le plus énervant aux yeux du garçon, c'était qu'il avait raison. Qu'effectivement les mouvements de ses doigts étaient mal coordonnés. Mais même s'il lui avait donné un conseil judicieux, la fierté du garçon ne pouvait lui permettre de l'avouer. « Ouais j'suis mauvais... Content ? Mais ce n'est pas une raison pour me prendre de haut. Et non plus pour te taper l'incrust' ici » Puis il pointa du doigt la porte qui était entrouverte, lui faisant signe de sortir d'ici. Si certain racontaient que Jinhwan est l’accalmie incarnée, il pouvait aussi être la tempête dans ses mauvais jours.          
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Jeu 21 Juil - 6:23

River flows between us
Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

Je suis pourtant sûr d’une chose; le mien répond inconditionnellement aux mélodies jouées par un piano. Il s’y colle comme un aimant et peu à peu, tout ce qu’il y a autour devient futile. Le monde s’effondre pour laisser place à un vide immense où chaque note flotte à moi. Je m’en abreuve, goûtant la peine, la joie, la colère et bien plus encore. À l’instant même où je me laisse bercer par ce morceau venu de nul part, toute lutte est désespérément inutile. Que je sois acerbe et dédaigneux envers l’agence ne compte plus. Pendant quelques minutes, je ne suis qu’un amoureux de la musique, qu’un amant inconnu du pianiste qui tente désespérément – et avec une ténacité honorable – de perfectionner sa technique. Encore et encore, il recommence jusqu’à ce que je l’interrompe sans tenir compte d’une quelconque forme de politesse; la bulle éclate et je revis de mon effronterie. Un commentaire où l’ironie est bien ressentie, puis une remarque sur sa technique incluant le mouvement de son auriculaire gauche. À peine ais-je terminé de parler que l’autre manque une note. Le bruit qui résonne horriblement me tire un sourire à mi-chemin entre la moquerie et la déception; il n’est certainement pas un habitué de la scène pour se laisser déconcentrer aussi facilement.

-Je me passerais de tes commentaires. Et à ce que je sache, je n'ai pas de prof de piano.

-Justement, tu devrais en engager un avant de tout perdre ce que t’as.

-Ouais, j'suis mauvais... Content ? Mais ce n'est pas une raison pour me prendre de haut. Et non plus pour te taper l'incrust' ici.

J’ai déjà connu plus batailleur, mais la répartie de cet artiste m’amuse énormément. Se dégage de lui une franchise à tout casser, mais pire encore: de l’humilité. Sans même montrer les crocs, il reconnaît sa faiblesse et tente de me remettre à ma place en pointant la sortie. Cette modestie me plaît et tout en l’observant attentivement, une envie de lui donner un coup de pouce éclot. Et puis ce ne serait pas drôle si j’obéissais à son caprice de diva solitaire.  

-Aigo, c’est qu’il mord en plus, souris-je en diminuant la distance entre nous. Si tu voulais que personne n’interrompe ta pratique, t’avais qu’à fermer la porte pour empêcher un gars comme moi de te faire la critique.

Assez près pour détailler aisément chaque trait de son visage, c’est pourtant son regard que je soutiens sans ciller. Ma mémoire, que je me plais à dire photographique, rejoue le souvenir de ces iris perçants, francs. Vrais. Cette paire d’yeux, je l’ai déjà croisé. J’en mettrais ma main au feu. Seulement, le décor me fait défaut et le souvenir me file entre les doigts. Je n’ai pourtant pas dit mon dernier mot.

-Trainee, donc. Allez, pousses-toi un peu et recommence, dis-je en lui adressant un mouvement de tête pour qu’il me laisse de la place à côté de lui, sur le banc.

Je hais peut-être la KG de tout mon être, mais le piano a l’ascendance sur tout. Et lorsque je vois un homme comme lui qui se débat pour atteindre un but, je ne peux que lui donner mon aide. À quel prix ? Ça, ça reste à voir.              
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Ven 22 Juil - 2:32

River flows between us
Le garçon ne pensait plus qu'a une chose : Jouer.

Aussitôt avait t-il retrouvé son ancienne addiction qu'il en fût immédiatement à nouveau accroc. Il ne l'avait pas vu venir et pourtant il s'y attendait. Le piano avait été son essence, sa vie toute entière avait été presque forgée autour de celui-ci. Solitaire par nature, introverti par nécessité, jamais il n'avait su se faire correctement des amis, si ce n'était qu'à travers la musique. Parce qu'il n'ouvrait jamais son cœur aux ni même au plus proches, parce qu'il se sentait toujours méfiant, diamétralement différent des autres. Personne ne le comprenait. C'était un enfant étrange, « timide » disait-on pour se donner une raison. Parce que la barrière de la langue l'avait brisé, il avait perdu ses repères, ses amis, alors il combla son isolement par la musique. Et depuis ce jour-là il ne jugeait plus que par celle-ci. C'était devenu son amie, son obsession, sa raison de vivre. Il s'enfonça dans la solitude, oubliant alors l'essence même de l'amitié. Il ne se liait à personne, par simple manque d’intérêt, et occasionnellement il tissait des liens avec d'autres musiciens. Et curieusement l'homme qui se dressait à coté de lui ne lui était pas inconnu. Du moins sa présence lui semblait familière. C'était ses yeux, ses deux pupilles brillantes dont l’étincelle lui évoquait un souvenir ; mais bien trop lointain pour qu'il arrive à mettre la main dessus.

Il émergea de ses pensées, tandis que la mélodie s'était arrêtée, perturbé par les paroles de l'inconnu qui firent siffler ses oreilles. « Prendre un prof ? » Il soupira, avant de se pencher en arrière et de joindre ses deux mains sur son front pour expirer à nouveau de désespoir. « Vraiment ? J'en suis à ce stade là ? » murmurait-il, déprimé. Parce que au-delà des apparences le garçon était un colosse aux pieds d’argiles dont le simple affront face à la vérité détruisait toute la confiance et la détermination qu'il avait bâti. Parce que si d'une simple écoute il lui recommandait un prof, c'était que son niveau s'était vraiment effondré. Ça faisait mal à son égo, à sa fierté d'enfant musicien, dont le nom autrefois évoquait un prodige ou un génie. Aujourd’hui il était devenu un bon à rien à ses yeux.

Et rapidement il signa l'armistice, dès l'instant ou il l'avait dirigé vers la sortie il avait à moitié regretté son geste, pensant que ce mec devait quand même valoir la peine d'avoir une discussion avec lui, puisque même s'il avait été insolent, il était un chien qui manquait de hargne, qui utilisait ses crocs simplement pour se défendre, parce qu'il avait peur de l'inconnu, et que le jugement et la confrontation face à l'homme le terrifiait. Mais chose qu'il n'avait deviné ou espéré c'était sa détermination. En un instant il avait pénétré au sein de sa bulle, et il détestait ça. « Surtout fais COMME chez toi. » Il ne le connaissait ni d'Adam ni d'Eve et pourtant il s'était déjà improvisé comme prof pour le garçon. Ça le surprenait toujours autant de voir des gens avec un tellement détermination, mais là ce qui hantait son esprit c'était son manque de gêne. Du moins de sa perspective. Il avait son espace vital que personne n'avait le droit de traverser et pourtant en une fraction de seconde le plus âgé avait commis l'interdit. Alors aussitôt qu'il s'installa à coté de lui, il se décala légèrement sur le coté, gêné, tandis que ses doigts au mouvement aérien exécutèrent les notes avec une précision déconcertante. « T'es quoi ? Un compositeur ? Une idole ? Ton faciès ne me dit rien pourtant » Disait-il tandis que ses yeux restaient focalisé sur le mouvement de ses mains, à l'affût de la moindre erreur imminente.      
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Ven 22 Juil - 21:03

River flows between us
La vie ne fait de cadeau à personne. Si on veut obtenir quelque chose, il faut savoir travailler durement et avec acharnement pour l’obtenir. Pour compter une nouvelle victoire, il faut savoir jouer de toutes les façons et être le premier à reconnaître ses propres faiblesses. Avoir une longueur d’avance sur les autres, c’est aussi se connaître et avouer qu’on ne peut exceller en tout sans de la pratique et une surdose de volonté. Ne jamais limiter nos buts et s’arrêter en court de route, car la ligne est mince entre le rêve et la réalité. Il ne tient qu’à soi-même de se réveiller et de le réaliser. Ce gars devant moi semble pourtant avoir oublié tout cela lorsqu’il soupire et tire une mine désespérée en marmonnant des mots alourdis d’émotion. S’il était prêt à me mordre il y a à peine dix secondes, il semblerait que ma taquinerie - plus qu’un conseil, tout de même – l’ait touché en plein cœur.

-Vraiment ? J'en suis à ce stade là ?

Il y a deux sortes de mensonge dans ce bas monde; les mensonges noirs, puis les blancs. Ces derniers sont ceux dont j’adore user régulièrement car ils sont fourbes. Ni faux ni vrai, ils cachent tout de même une partie de la vérité et sont efficaces pour obtenir un résultat. Si je continue d’affirmer à cet inconnu qu'il a besoin d’un professeur, ce n’est qu’à moitié vrai. La mélodie qu’il jouait m’avait enchanté au point de me porter jusqu’ici et juste pour cela, je peux reconnaître qu’il a du talent. Toutefois, sa technique est rouillée et il a besoin de pratique, de se faire recadrer et taper sur les doigts. Surtout sur cet auriculaire qui ne semble pas glisser sur les notes comme ses confrères. Est-ce qu’il est si mauvais au point de prendre un tuteur ? Certainement pas, mais un homme aussi fendant et têtue que moi fait bien mieux l’affaire. Ignorer ce talent un peu endormi serait aussi regretter d’avoir été si orgueilleux envers la KG au point d’en ignorer un trainee. Ce qu’il me reste à faire est plus qu’évident; je lui ordonne de me faire une place et m’assois à côté de lui, tenant aucunement compte de la réticence que je perçois.

-Avec plaisir. Allez, recommence, répété-je en focalisant mon regard sur ses doigts qui dansaient déjà sur les notes.

Lorsque la mélodie se fait à la fois plus précise et douce que tout à l’heure, un petit sourire vient se loger au coin de mes lèvres. La pression fait souvent des miracles et il semblerait que cet artiste ne déloge pas à cette règle. Il pousse sa chance – ou son talent – à parler tout en jouant de ce merveilleux instrument; mais qui suis-je ?

-Ça change quelque chose que je sois un compositeur, un vendeur de prêt-à-porter ou le Petit Prince ? ironisé-je en relevant le regard rapidement pour ensuite vérifier de nouveau sa main gauche. Tu devrais te concentrer sur…

Je perçois ce mouvement incomplet qu’il fait et qui ne tient pas assez longtemps la note en question. La différence est légère, presque minime pour l’oreille d’un pianiste qui ne s’exerce pas autant que les professionnels de carrière. La perfection a pourtant ses standards et ils sont justes et égaux pour tous. J’interrompe donc ma phrase et plaque instantanément mes deux mains sur le clavier blanc et noir. Le bruit qui en ressort est grotesque et brise la cadence de mon voisin. Je lui offre un regard feignant l’excuse, mais une étincelle de défi y brille de mille feux.

-Tu l’as encore fait. Quand tu fais cette note, remonte davantage ton poignet pour que ton auriculaire s’y attarde et que le son s’allonge en douceur, dis-je en le regardant droit dans les yeux. C’est le petit prince Song Yoo Jin qui te le conseille.

Un sourire narquois se peint sur mes lèvres tandis que ma langue s’y promène vicieusement. Je suis d’une grande aide lorsque j’y trouve un quelconque intérêt personnel, mais ce côté malicieux de ma personnalité ne s’y déloge plus.    
           

ÉDIT:
 
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Sam 23 Juil - 3:33

River flows between us
Pétrifié, partagé entre la gêne et la honte, le garçon avait encore du mal à faire face à la réalité. Qu'un inconnu l'avait remis à sa place en pointant avec aisance ses erreurs. Il n'était plus comme par le passé et il devait l'accepter. Mais c'était douloureux de se dire qu'il avait tant régressé au point peut-être qu'il ne retrouvera pas ses facultés d'antan. Parce qu'il ne se voilait pas la face, il n'avait pas assez de temps libre pour s'y atteler, aujourd’hui était une exception, demain il passera sa journée dans la salle de danse pour perfectionner ses mouvements.

« Et pourquoi pas vendeur de lingerie ça t’irait terriblement bien » Rétorqua-t-il avec insolence. Mais alors que la gêne laissait enfin place au plaisir, et que le garçon faisait à nouveau résonner dans la pièce silencieuse la mélodie idyllique, au moment ou il avait baissé le plus sa garde malgré ses efforts acharnés, un vacarme assourdissant tomba lourdement sur l’ébène du piano. Ses doigts se crispèrent, cherchant l'erreur qui pour lui avait été inaudible. Ne trouvant guère la raison de son mécontentement, le garçon arqua un sourcil, confus, attendant une explication de la part de son professeur improvisé.

« A-Ah? » Les yeux grands ouverts, il se batailla les cheveux à l'aide de ses mains. Dans un premier temps totalement abasourdi par la confession de l'inconnu, il cherchait comprendre ses dires qui semblaient si obscurs. Mais il ne lui fallut qu'une fraction de seconde, et telle une équation mathématique il comprit le fondement de son conseil. Loin d'être un idiot, il avait rapidement compris où il voulait en venir, et après un instant de repos il s'entreprit de rejouer le morceau en suivant ses conseils.

Tandis que la mélodie se rejouait, et que l'autre se présentait, lui, demeurait silencieux, focalisé à l'idée de ne plus faire la même erreur. "Song Yoo Jin" alors là il était fixé, le nom lui semblait bien lointain, et sur l'instant ne lui évoquait aucunement le nom d'une de ses connaissances. Alors lentement il cessa de se torturer l'esprit et continua de jouer le morceau devant les yeux attentifs de Yoojin.

Alors que le silence se réinstallait, et que l'enchaînement des notes se stoppait, le garçon changea drastiquement d'attitude, du loup à l'agneau, passant de son terrain d'aise à sa fatale faiblesse : la communication. Il perdait alors son attitude qui paraissait si agressive, son regard perçant, qui désormais était camouflé par ce qui semblait être des rougeurs. Précédemment bavard, désormais, la mélodie stoppée il était bien plus dur pour lui d'affronter la dure vérité. Et même si cela semblait évident pour d'autre, le simple fait de se présenter à quelqu'un nécessitait d’innombrables questions chez le garçon. Il se mit alors à racler sa gorge, fixant avec attention le piano afin d'éviter de croiser le regard de celui qui l'avait aidé . « Jin Hwan. » Désormais lancé, il devait aller au bout. Alors il se mordilla la lèvre inférieure, tandis qu'il se tourna et tendit une main hésitante dans la direction de Yoo Jin, tandis que lui, avait toujours le regard qui déviait sur le coté. « Ou Elijah. Enchanté. »


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Dim 24 Juil - 3:25

River flows between us
Il attire mon attention. Dès que la première note a caressé mon oreille, j’ai été séduit par le chant incomparable du piano. Mais l’instrument qui m’enivre sans jamais manquer sa chance est maîtrisé par ce jeune homme d’une beauté glaciale. Je ne fais pas ici allusion aux traits de son visage tout en rondeur, à ses lèvres légèrement pulpeuses et à son corps qui semble proposer une belle carrure. Non, je fais plutôt référence à sa personnalité qui ne cesse de se dévoiler petit à petit; une honnêteté froide en guise de carapace, une fragile confiance en soi à protéger, puis une ironie en guise d’arme de secours. Même le goût de son insolence me fait légèrement sourire, alors que je m’imagine très bien faire l’inventaire de toutes les petites culottes et boxers que j’ai vu ces derniers mois. Cette scène imaginaire a quelque chose de soudainement très grossier.

En si peu de temps, ce trainee a réussi à m’en faire voir de toutes les couleurs et je ne peux que prendre plaisir à le confronter tout en douceur. Aussi doux qu’un coup de règle sur une main, mais ma méthode semble efficace puisqu’il porte attention à mes explications. Il en ballait ses cheveux, sûrement un peu déboussolé par ma remarque, et ma mine se fait un peu plus grave en l’observant de nouveau. Il rejoue la pièce avec une aisance qui me déconcerte un petit peu, comme si mon intervention n’avait jamais eu lieu. Doucement, je m’avance sur le banc et appui mon bras avec précaution sur le rebord du piano. Le côté de mon visage vient se perdre dans cette main et je l’analyse sérieusement. Mes yeux d’un sombre noisette s’attarde sur chaque mimique de son visage alors qu’il plonge dans la musique. Sans refaire la même erreur, il fait honneur à cette merveilleuse composition et je ne peux que dissimuler un léger sourire. Pourquoi cette personne semble déjà avoir sa place dans ma mémoire ? Je n’oublis jamais un visage. Et le sien, si froid et fragile à la fois, n’aurait jamais dû me faire défaut.

Le cas ne s’arrange pas lorsqu’il termine le morceau sans que je n’ai eu à intervenir. Et sans même m’en être aperçue, je m’étais tout simplement perdu dans la mélodie, mon regard accroché à lui comme si ma vie en dépendait. La vérité est que je suis persistant et que j’insiste sur le fait de l’avoir déjà croisé à quelque part. Chaque tiroir de ma mémoire s’ouvre et je farfouille dedans, à la recherche du moindre petit indice. Alors que je souhaite replonger dans ses yeux aux allures sauvages pour le deviner, c’est lui qui me fournit les éléments déclencheurs qui me font revivre l’ombre d’un souvenir. Plus que les noms sous lesquels il se présente, c’est cette mine gênée, ce mordillement de lèvre et cette main hésitante tendue vers moi qui me font comprendre qui il est. Je remercie tous les dieux pour cette mémoire forte utile.

-Tu as fait des concours de piano, n’est-ce pas ? demandé-je en lui serrant la main et la gardant à moi, sûr de ce que j’avance. Regarde-moi quand tu me parles, je te mordrai pas.

Cette idiotie, loin d’être originale, a pourtant le mérite de me tirer un grand sourire. Je ne sais pas si c’est le fait que je fasse une blague qui va totalement à l’encontre de ma personnalité ou si c’est l’effet des quelques souvenirs que j’ai de lui qui cherchent à se recoller, mais une parcelle de joie teinte mon humeur. Effrayant; j’ai l’impression de retrouver mon âme d’enfant et de redevenir ce jeune pianiste qui s’entêtait désespérément à attirer l’attention de l’autre. Et l’autre en question, c’est lui.         

Huhu:
 
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Lun 25 Juil - 2:36

River flows between us
Ça y est. C'était enfin l'ataraxie. Tous ses sens étaient à l’affût, enivré par la délicate mélodie qu'il venait de jouer. Des frissons parcouraient son épiderme, tandis qu'il soupirait de satisfaction. Il avait encore du mal à le réaliser, mais ça y était. Il avait enfin réussi à jouer ce morceau si symbolique pour lui. Il avait réussi à prouver à lui-même que tout n'était pas perdu, du moins que malgré tout le temps qui s'était écoulé depuis la dernière fois, il arrivait toujours à maintenir un certain niveau. Le temps avait rouillé ses réflexes, mais n'avait pas alourdi son élégance ou sa légerté. Il avait toujours conservé cette manière de jouer si unique. Mélodie innocente, fragile et délicate, son attitude au piano reflétait parfaitement tout ce qui se cachait derrière ses yeux perçant et sa fine carapace de glace ; un cœur meurtri, faible et proie à tout les maux du monde. Il aurait fallu quelqu'un pour protéger cet enfant, mais seule la solitude l'avait trouvé, il s'était alors endurci et avait appris à aboyer aux inconnus. Or, tant il était tant habitué à ce que les gens l'évitent, qu'il perdait rapidement ses moyens dès lors qu'une personne commençait à s’intéresser à celui-ci.

Alors à peine le plus âgé avait-il su faire preuve d'une quelconque résistance que le garçon avait aussitôt cessé de grogné. Il avait caché ses crocs, et telle une bête apeurée il était devenu docile à deux doigts d'être apprivoisé. L'homme avait contribué à sa réussite d'aujourd'hui, à lui enlever le plomb qu'il avait eu dans l'aile, il avait montré une certaine rapidité et une efficacité déconcertante quant à la maîtrise de l'instrument. Sans même toucher celui-ci, il savait exactement quel faux mouvements il avait produit, et cela par le simple pouvoir de l'ouïe. Mais qui était-il ? Jin avait beau essayer de se rappeler de son prénom, rien de lui revenait. Et son visage… son visage, il n'avait pas eu l'occasion de réellement de dévisager. Et d'ailleurs avec la position de faiblesse dans laquelle il se trouvait actuellement, il était hors de question qu'il se mette dans une situation encore plus embarrassante, il avait assez fait d'effort.

Le cœur serré, les yeux fuyant, il lui avait malgré tout tendu une main amicale, signant l'armistice dans cette guerre dans laquelle il s'était lancé seul, voyant bel et bien que cet homme était inoffensif. Et alors que la simple poignée venait d'être acceptée, la question que venait de poser son interlocuteur lui attira vivement l'attention. Ses yeux se baladèrent, et d'un mouvement lent et hésitant, passant du piano à son visage, il croisa enfin ses pupilles d'un sombre noisette. « C'est vrai que tu n'as pas l'air bien méchant….» Disait-il en riant bêtement tout en retirant sa main.

Il était désormais un peu plus confortable avec celui-ci, le faisant alors rire d'aise. D'ordinaire il avait du mal à se sentir à sa place avec les autres, mais s'il y avait bien une chose qui prouvait qu'il l'était, c'était lorsqu'il souriait comme il le faisait à cet instant précis. Son sourire si spécial, qui révélait ses timides fossettes et qui donnait une allure de demi-lune à ses yeux en amande tant ils semblaient fins. « C'est vrai, j'ai fait des concours par le passé….. on s'connait ? » La question de Yoojin ne l'étonnait pas tant que ça, puisque celui-ci participait à de nombreux concours et en avait gagné plusieurs, il n'était pas impossible qu'il se soient croisés ou qu'il ait entendu son nom. Mais intimement, il espérait plus, qu'il se connaissaient un peu plus par le passé, que peut-être, cette rencontre n'était pas fortuite et que lorsqu'ils étaient enfants ils avaient partagés des souvenirs.

Lui qui avait si peu d'amis il devrait s'en rappeler de tous, et pourtant, le souvenir était bien lointain, et lui avec l'esprit tant embrumé par ses entraînements et son manque aberrant de sommeil, il avait vraiment du mal à fouiller les tiroirs de sa mémoire. Il essayait d'y mettre du sien…. Et puis soudainement, il avait ce souvenir entre ses mains, totalement flou mais dont le contenu lui avait donné une étincelle au fond de ses yeux. Il se mit alors à claquer des mains d'une manière abrupte qui ne lui ressemblait pas, dévisageant son interlocuteur avant de le pointer du doigt et de s’écrier dans sa langue maternelle « You're the english boy ! » Il ne se rappelait plus de tout, mais désormais il savait que ce garçon n'était pas n'importe qui, que celui-ci avait joué un rôle dans sa vie. Il avait su avec le temps combler son cœur en manque de chaleur et avait réussi avec difficulté le sortir de l'isolement dans lequel la barrière de la langue l'avait autrefois enfermé.


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Lun 25 Juil - 17:41

River flows between us
Je ne crois pas au hasard. Ce concept ne convient tout simplement pas à un homme comme moi qui prétend que tout a une raison d’être. Chaque regard, chaque parole et chaque battement de cœur sont destinés à exister. Il ne faut pas sous-estimer la vie et tous ces rendez-vous qu’elle fixe à chacun d’entre nous. Que les rencontres se terminent en doux baiser ou en cris déchirants, tout a une raison d’être. Que je sois assis dans une salle de musique de la Knockout Global est un magnifique exemple des tours que la vie peut me jouer. Aux côtés de ce pianiste à la droiture froide et fragile, j’oublis passivement ma haine envers l’agence qui m’a rejeté des années auparavant. Ma rancune n’a d’égal que ma jalousie, mais en cet instant où je m’envole vers une accalmie confortable grâce à la mélodie du piano, je ne peux voir que lui et rien d’autre. Quand ai-je déjà été aussi admiratif envers un autre artiste à la technique imparfaite ? Je ne me rappelle pas l’avoir déjà été pour qui que ce soit, sauf que ce visage m’inspire des souvenirs acidulés et peut-être est-ce cela, en combinaison avec sa beauté que je remarque bien plus tard, qui me rend si attentif. Qu’a-t-il à m’apprendre pour avoir été mis sur mon chemin ? Telle est la vraie question pour un homme difficile comme moi qui ne s’attarde que rarement aux gens.

Le temps d’échanger avec lui, j’ai rangé les armes et me suis laissé bercer par la musique qui agit sur mon esprit comme un sédatif. Moins désagréable que la normale, plus tendre et ouvert aux flots d’émotions qui voudraient bien m’emporter au fin fond de l’océan, je laisse ma mémoire se débattre. Je me souviens de cette froideur sur son visage, autrefois plus enfantin et câlin. De ce regard perçant que j’avais si souvent qualifié d’effrayant malgré mon statut de hyung. Certains de mes souvenirs sont empilés sous des partitions de piano en backstage, d’autres se tiennent fièrement sur scène devant des juges, des spectateurs. Un sourire grandissant sur mes lèvres, je lui en fais finalement part; je lui demande s’il a déjà fait des concours, mais sa réponse ne me satisfait qu’à moitié. Je ne peux pas être dans l’erreur car j’ai une entière confiance en ma mémoire.

-Man, I was the only one who made you annoyed and relieved at the same time during the competitions, répliqué-je sans abandonner ce sourire qui dévore peu à peu mon visage.

Et qui dévore le sien par la même occasion; l’expression qu’il me donne est aussi étincelante qu’une étoile au firmament et je me maudis, l’espace d’un court instant, d’avoir oublié un sourire si magnifique. Nous n’avions peut-être pas eu l’occasion d’être des amis proches, mais la persistance dont j’avais fait preuve pour attirer son attention, il y a des années, avait porté fruit. Plus sociable et empathique qu’aujourd’hui, je m’étais accroché à lui et aux mélodies qu’il produisait du bout de ses doigts. Entêté, j’avais souvent ignoré son attitude que je qualifiais d’hautaine à l’époque. Tout cela pour finalement comprendre que l’anglais était le remède à son silence. Ma persistance et mon audace nous avaient permis de briser la glace au fil du temps et les concours de musique classique s’étaient enchaînées. La fin de ceux-ci avait toutefois entraîné la fin de nos rencontres fortuites; jamais je n’aurais imaginé le revoir ainsi, alors qu’il s’excite en répondant de sa langue maternelle.

-Yeah, souris-je devant tout le bonheur qui émane de lui. But what do you do, here ? I always thought that you’d become a pianist. I mean, sorry but your skills were better before.

Bien que j’étais plus vieux que lui à l’époque, j’avais toujours pensé qu’il était plus compétent que moi et que si l’un de nous deux devait faire carrière en musique, ce devait être lui. Tous les concours qu’il avait remportés parlaient encore pour lui, mais j’en remerciais le ciel d’avoir mis sur ma route un défi comme lui. Jin Hwan avait été une raison pour laquelle je n’avais jamais abandonné le piano. Surpasser tous ceux qui me devançaient avait été mon but pendant de longues années et maintenant que je suis sur le point de réussir pour de bon, je ne compte pas abandonner. Lui, par contre, semble avoir pris un chemin bien différent.

-Will you glance at me or ignore me like when we’re teenagers ?

Le sarcasme teinte mes derniers mots, mais on ne refait pas un homme comme moi. Si j’étais un livre ouvert auparavant, mon cœur d’or s’est désormais recouvert d’une armure en titane; légère, parfaite et résistante à la corrosion.                    
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River Flows Between Us - ft. Seo Jin Hwan & Song Yoo Jin

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