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 champ de blé aux corbeaux. (ft. eiji)

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Song Min Woo
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Song Min Woo
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21 ans

occupation :
parolier, producteur, manager (stagiaire/junior) de divine [fanmeeting dispo = 4]

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yeo hwanwoong, oneus

crédits :
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do min oh, jeong suhee, jung jiwon, kang jesse, kim kyung, liu taejoon, nam junsu, oh jaesun, shimizu ren

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154


Lun 11 Mai - 17:00


|
champ de blé aux corbeaux ;
eiji & minwoo


—Malgré les apparences, j’avais envie que les choses fonctionnent à nouveau, entre Eiji et moi. J’avais envie de retrouver cette complicité qui n’était désormais destinées qu’à de rares moments privilégiés. J’avais besoin, plus que tout au monde, d’être capable de me dire qu’il m’aimait encore, sans avoir sans cesse ce doute pour me nouer l’estomac. Seulement, les choses étaient bien plus compliquées qu’il n’y paraissait et, qu’il s’agisse de la routine ou d’autre chose, notre histoire ne semblait plus aussi éclatante qu’elle l’avait été au premier jour. Pourtant, je me trouvais incapable d’améliorer la situation, et je me contentai de tourner en rond comme un chien qui courait après sa queue, parce j’avais bien peu de temps pour moi, pour lui, et pour nous, tout simplement. Mes études et mon travail me prenaient bien plus d’énergie que je ne l’avais imaginé au départ, et il était hors de question que je les abandonne : c’était peut-être la première fois, dans toute ma vie, que mon avenir ressemblait à quelque chose d’autre qu’un gouffre sans fond dans lequel j’allais chuter sans pouvoir me relever. Mon avenir professionnel, évidemment : j’avais trouvé grâce à Eiji une ébauche de sens à ma vie… Une ébauche qui était hélas insuffisante pour me satisfaire. Vivre dans l’ombre des autres était une chose à laquelle je me refusais.

« Absolument pas… » Un petit rire m’échappa malgré moi, alors que j’admettais mon manque de culture. « On m’a juste dit qu’il était bien. » Et à dire vrai, j’ignorais ce que ce genre de commentaire valait, mais si des collègues avaient pris le temps de s’attarder sur un tel programme, j’osais imaginer que cela signifiait qu’il en valait la peine. Sinon, ce n’était pas bien grave : nous nous poserions devant la télévision pour ne rien faire d’intelligent, comme c’était bien souvent le cas, et me connaissant je serais bien capable de passer ma soirée à critiquer les défauts du programme sans même être capable d’en réaliser le tier.  Je n’avais pas besoin de grand-chose, à ce niveau.

Dans tous les cas, cela avait peu d’importance, aussi longtemps que nous trouvions une occupation. Cela pouvait sembler simple, pour bien des gens, mais Eiji et moi avions parfois un peu de mal à trouver un terrain d’entente, ces derniers temps. J’étais occupé, ou préoccupé, et il sollicitait mon intention à des moments inopportuns. Si j’avais conscience d’être un peu trop susceptible à certaines occasions, je me retenais généralement de faire des commentaires, trop effrayé par le conflit… D’ailleurs, même si je n’en disais rien, j’avais encore sur le cœur la petite prise de tête que nous avions eue un peu plus tôt, au cours de notre promenade. C’était comme un poids qui me pesait sur la conscience, mais que je ne parvenais pas à exprimer. Que je ne parviendrais peut-être jamais à concrétiser, en vérité… J’avais si longtemps été soumis à la colère injustifiée de ma mère, soudaine et impossible à éviter, que j’avais fini par me taire lorsque les choses n’allaient pas, de peur de provoquer un nouveau conflit. Cela ne devait rien arranger à notre situation.

Rangeant ces considérations dans un coin de mon esprit, je continuai à arpenter les rayons du magasin, un fin sourire aux lèvres alors que nous choisissions quelques articles en remettant à jour quelques souvenirs qui me semblaient aujourd’hui bien lointains. Ces clients bruyants et désagréables avaient dû lui mener la vie dure autant qu’ils l’avaient fait avec moi. Tout cela me semblait appartenir à un passé qui jamais ne reviendrait. Un passé dont on pouvait parler avec une certaine nostalgie… Et je n’avais pas envie que ça soit le cas : je voulais que les choses aillent mieux. Mais comment aurais-je pu faire changer les choses, de ma petite place ? C’est comme si je m’étais tenu devant un mur que je ne pouvais franchir.

« J’étais discret, dans mon coin avec mes cours… »

Me voilà une fois encore transporté dans le passé, à cette petite table où je m’installais tout le temps, suffisamment à l’écart pour qu’on me laisse tranquille, mais pas trop, à partir du moment où j’avais commencé à discuter avec Eiji… Je me voyais encore lutter avec des structures pourtant similaires à celles du coréen, pour essayer de maîtriser les cours de japonais que je prenais, espérant m’assurer un avenir meilleur… J’étais si mauvais, parfois.

« C’était moi qui t’embêtais avec mes questions. »

L’embêter, un bien grand mot... Ou l’était-ce ? Après tout, cela nous avait mené où nous étions désormais : dans une impasse. Ces souvenirs étaient à double tranchant… Regrettait-il de se dire qu’il avait passé quatre ans avec moi et que ces années touchaient peut-être à leur fin ? J’en avais peur, parfois. Je m’inquiétais à l’idée de rentrer à l’appartement et de découvrir qu’il avait emballé ses affaires pour me quitter. Était-ce vraiment impossible, après tout ? Nous n’aurions pas été le premier couple à partir en fumée du jour au lendemain, sans crier gare. Ce n’était pas ce que je souhaitais, mais quand je voyais certaines disputes ridicules, certains problèmes qui survenaient sans raison évidente… J’avais l’impression que cette éventualité nous pendait au nez comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, alors que nous continuions à vivre comme nous l’avions toujours fait, en essayant de limiter la casse. Dans tous les cas, je savais que je ne regretterais jamais, de mon côté, d’avoir posé les yeux sur le petit vendeur japonais de la supérette du quartier, et encore moins d’avoir osé lui parler.

Je décidai finalement de garder précieusement ces souvenirs, plutôt que de les laisser envenimer une fois encore le flux de mes pensées. Pourquoi fallait-il toujours que mon esprit soit occupé, tantôt par le travail, tantôt par ces pensées malheureuses qui me donnaient l’impression de ne pas être à la hauteur de cette relation ? Nous avions tous les deux des emplois qui nous demandaient beaucoup de temps, et je savais qu’être à la maison toute la journée n’était pas une bonne chose, quand on était manager… Je ne pouvais être aussi présent que je l’étais auparavant, quand je n’avais encore que mes études. Cela finirait par revenir, évidemment, mais ce n’était pas pour tout de suite.

« Hmhm, je vais faire semblant de te croire. » Et pourtant, un rire me trahit bien vite.

Un peu plus tard, on en arriva à discuter d’une possible destination de séjour. Rien de bien extravagant, j’en avais conscience : mon emploi du temps ne m’aurait jamais permis de m’éclipser trop longtemps. Je guettais avec appréhension la moindre réaction de la part de mon petit ami, espérant qu’il n’enverrait pas balader mon idée d’un geste de la main. J’avais conscience qu’il n’appréciait pas vraiment la mer, la plage… Un comble, quand on savait que j’adorais ça, mais je n’étais pas là pour le blâmer parce qu’il avait des préférences différentes, alors je me contentai de me réjouir en l’entendant approuver.

« Je crois que ça pourrait nous faire du bien. »

Et cette phrase était si lourde de sens qu’elle me fit presque mal au cœur. Nous faire du bien. Comme si un séjour allait nous permettre de nous retrouver pour de bon… C’était un peu mon espoir, en vérité. J’aurais été un bien grand menteur, si j’avais prétendu que c’était une proposition innocente. Encore et toujours, je cherchais un moyen de donner un peu d’éclat à notre relation, de lui prouver, même maladroitement, que je tenais à lui, que je voulais qu’il soit à mes côtés. J’étais bien mauvais pour ce genre de choses : depuis des années, j’étais cette personne qui essayait d’atteindre ses objectifs, quitte à sacrifier sa vie privée… Parce que je savais où j’allais, et qu’il était hors de question que j’abandonne bêtement. Je ne voulais rien devoir à personne, pas même à Eiji et, surtout, je ne voulais pas me laisser entretenir comme le faisaient certains : que se passerait-il, si tout partait en fumée, après tout ? S’il finissait par me laisser pour une raison ou pour une autre, même pour la plus fataliste ? Je n’aurais rien, retour à la case départ.

« Tu m’as rien dit aussi ! »

J’eus un rire nerveux, coupable, quand je regardai les articles que j’avais compulsivement ajouté à nos achats, avant de remettre à leur place quelques-uns de ces invités superflus.

« D’accord. »

Les choses n’étaient pas toujours évidentes. J’avais parfois peur que ça soit simplement cette situation qui finisse par nous mettre mal à l’aise l’un vis-à-vis de l’autre… Après tout, j’étais encore jeune, et il approchait lentement mais sûrement de la trentaine. Qui pouvait me garantir qu’il n’éprouverait pas un jour l’envie de faire partie de la société en tant qu’homme marié ? Je n’allais clairement pas pouvoir jouer le rôle du mari, compte tenu des mœurs actuelles… Des détails, aux yeux de certains, qui suffisaient à nourrir mon angoisse, cette peur qui ne me quittait jamais de le voir partir. Mais non. Il fallait que j’arrête d’y penser, tout de suite. Je pris les articles pour les glisser dans un sachet, attendant qu’Eiji ait payé pour saluer le cassier et disparaître, loin de la vue de tous.

Le chemin de retour se passa dans un bien étrange silence : je n’avais pas envie de parler, trop perdu dans mes pensées pour dire quelque chose de constructif, et quand je poussai la porte de l’appartement, je retirai mes chaussures et ma veste avant de me diriger vers la cuisine pour mettre au frais ce qui devait l’être.

« Tu peux sortir l’appareil ? » demandai-je rapidement. « Je m’occupe du reste. »
(c) SIAL pour LIGHTS, CAMERA, ACTION ; icon thinkky



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My heart is burnt into ash It aches so much All of the sad songs we listened to as we walked together I don’t want to listen anymore, it’s too hard (a song written easily - oneus)
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Blue-Sakai : ça veut dire bleu-j'aifroid

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il sait pas trop ça varie entre danser sur heavy rotation et dormir

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Mar 19 Mai - 3:45


❝WHAT HAPPENS NEXT WHEN WE'RE ALL OUT OF BREATH TO BREATHE IN THIS MIRAGE? UNTIL I FALL APART, 'TIL DEATH DO US APART❞


— Ses rires, ce semblant de légèreté, me rendent d'autant plus confus que chez moi, et en cet instant, ils sonnent creux. Comme une apparence que l'on se donne sans réussir à y placer le fond : la forme pour sauver les meubles, et prétendre, que tout de même, nous pouvons passer un bon moment ensemble, sans nous disputer ou nous lasser. Et j'ai peur de ce vide dans mes sourires, moi qui ne vit, d'ordinaire, que de spontanéité et sincérité. J'ai peur qu'il s'étende un jour à l'ensemble de nos interactions, aussi rares soient elles, puisque j'ai peur aussi que son travail dévore l'entièreté du temps que nous avons ensemble. Au final, j'ai peur que ce soit notre relation qui finisse par sonner creux. Qu'elle ne garde de notre amour que la forme, sans que l'on réussisse à y placer le fond, une fois de plus, pour sauver les meubles, ou par peur d'être seuls.

J'ai peur parce que je me refuse à vivre de cette façon. Parfois, pourtant, je me demande si j'oserais partir, quand bien même les choses tourneraient à ce point au vinaigre - après tout, il est tout ce que j'ai toujours connu ici. Et la solitude m'effraie presque autant que le vide. Mais par-dessus tout, je n'ai aucune envie de vivre sans lui, puisque, malgré tout, je continue de l'aimer, sûrement bien plus que ne le montrent nos attitudes respectives, depuis quelques mois. Toujours intimement convaincu d'avoir besoin de lui, j'ai bêtement peur du vide qui me semble de plus en plus menaçant, comme un nuage noir tournant en permanence au-dessus de nous, risquant d'éclater en tempête à chaque seconde qui passe. Alors, je tente de le repousser à force de promesses et d'instants que nous essayons de vivre à deux - qui se font de plus en plus rare, pourtant, jusqu'à ce que j'ai peur qu'ils deviennent insuffisants.

"On n'aura qu'à le commencer ensemble, alors. On verra bien ce que ça raconte."

Une fois encore, ces mots sont sûrement destinés à s'égarer, quelque part entre notre volonté et la réalité des choses. Combien de fois avons-nous pensé partager un moment ensemble, pour en être empêché pour nos obligations respectives ? Quand bien même nous le voulons, quelque chose finit toujours par se mettre en travers de notre route, alors que passer du temps ensemble me semble crucial, pour empêcher les choses d'empirer un peu plus. J'aimerai être totalement heureux pour Minwoo. J'aimerai être aussi enthousiaste que lui quant à ce travail qui lui vole tellement de son temps avec moi. Mais je ne le peux tout simplement pas. Égoïste, comme toujours, je ne vois ici que ce qui m'en coûte. Et si je veux le voir épanoui, j'ai du mal à me faire à l'idée que cela nuise au temps que je peux passer avec lui. Peut-être est-ce cela qui a tendance à me rendre d'autant plus cassant que je ne le suis d'habitude, moi qui suit d'ordinaire déjà prompt à l'agacement. Je n'en sais rien, en réalité. Je sais juste que cette situation me pèse autant que la dispute que nous avons eu plus tôt, et qui continue de me trotter dans la tête, quoique je n'en dise rien, quoique je m'efforce d'afficher plutôt une expression détendue, et un sourire qui n'est pas aussi sincère que je l'aurais voulu.

Peut être est-ce pour ces mêmes raisons que j'apprécie à me perdre dans les allées de nos souvenirs, là où tout allait encore bien. Voilà qui appuie la vérité de mon sourire, qui naît un peu moins par envie de dissimuler mes préoccupations que par réelle envie de percer mon visage. Oui, il était discret, mais je l'ai pourtant remarqué. Et je reste on ne peut plus heureux de l'avoir fait - qui sait, si je n'avais pas décidé de venir m'asseoir à la table de ce garçon que je voyais souvent, ce qui aurait pu arriver ? Je préfère ne pas avoir la réponse à cette question, et, à la place, continuer d'entretenir une certaine nostalgie dont je ne sais que penser.

"Discret, oui...justement, tu me rendais curieux, comme tu venais là souvent, mais que tu ne parlais à personne, et que tu restais tout seul."

Ce qui n'est aucunement un reproche, mais un simple constat. Étrangement, il a su piquer ma curiosité de cette même discrétion qu'il souligne, assez pour que j'ai envie d'aller lui parler, un jour où l'ennui était devenu pesant, et l'envie de bavarder bien trop forte pour pouvoir y résister.

"M'embêter ? C'est moi qui venais te voir, non ?" Et je ris, doucement. Non, Minwoo ne m'a jamais dérangé, au contraire : j'aimais ces conversations, j'aimais pouvoir l'aider à faire ses devoirs de japonais, et ce genre d'instants qui, s'ils ne portent sûrement pas une grande signification aux yeux des autres, en ont, pour moi, une toute particulière. "Tu sais que j'aimais bien ça, t'aider...tu me connais, sinon, je serais resté bien tranquillement derrière mon comptoir à gribouiller mes carnets sur mes heures de pause."

Un nouveau rire. Il est vrai qu'il est difficile de me forcer à faire quelque chose qui m'ennuie profondément, si je n'en tire aucun bénéfice. Et si répondre à ses questions m'avait réellement dérangé, alors, je n'aurais eu aucune raison de retourner lui parler, puisque de toute façon, ce n'était pas à ça qu'on me payait ! Lui parler était plaisant, facile. Les mots coulaient tout seuls sans que j'ai besoin de les chercher, ou d'y réfléchir. Aujourd'hui...ce n'est plus toujours le cas. Les silences creusent de plus en plus nos instants communs, quitte à venir m'étouffer un peu. Un jour, peut-être, cette aisance que nous avions en la compagnie l'un de l'autre viendra s'éteindre complètement. Un jour, peut-être, il voudra faire taire le silence et décidera qu'au final, il est peut-être mieux sans moi. Ce jour-là...je ne sais pas ce que je ferais. Mais je sais que ce n'est rien d'heureux. Et cette simple idée me serre la gorge plus qu'il n'est admissible qu'elle le soit alors que je voudrais prétendre que tout va bien - alors, je préfère la balayer autant que possible pour me concentrer sur ce qui va, me gorger du positif tant que j'en trouve...et me convaincre que la chute ne viendra jamais. J'ai parfois du mal à y croire, dernièrement.

Peut-être est-ce jouer à l'aveugle plus que de raison. Mais je refuse de me laisser entièrement parasiter par l'appréhension de quelque chose que je souhaite prévenir plus que tout. Après tout, si nous pouvons empêcher les choses de totalement mal tourner, pourquoi en avoir peur ? Craindre, n'est-ce pas déjà abandonner ? J'aimerais y croire. C'est pourtant difficile - mais je me concentre, autant que je peux, sur lui et ses paroles, plutôt que sur ce flux de pensée parasitaire qui commence à m'agacer.

"Semblant ? Merci la confiance !"

Je ris aussitôt, comme pour l'empêcher de voir une once de sérieux dans cette phrase qui n'en possède aucun. Est-ce donc si difficile de nous comprendre ? Il faut bien croire que oui. Je déglutis d'autant plus durement que sa phrase suivante porte un sens d'autant plus lourd. Nous faire du bien, oui. Doute-t-il autant que moi ? J'ai peur de ce que cachent les mots. Je n'en parle toujours pas, pourtant, me terre dans les non-dits, et hoche la tête d'un air entendu.

"Oui, je crois aussi."

Et je l'espère de tout coeur. Si nous portons les mêmes espoirs dans ce séjour, pourront-ils se réaliser ? J'aime me dire que si nous y mettons tous les deux du nôtre, il n'y a pas de raisons...mais la réalité est souvent plus compliquée que cela, j'en ai également conscience. Cela dit, je me veux un peu idéaliste, et me dit alors qu'il y aura de quoi arranger, au moins un peu, les choses entre nous. Que nous pourrons nous retrouver, loin d'un quotidien parasité par les obligations de la vie d'adulte, et que ça nous sera on ne peut plus bénéfique. En ce moment, je ne souhaite rien d'autre que cela : retrouver mon amoureux et la dynamique que nous avions, avant, celle qui s'effrite de plus au plus tandis qu'avancent les jours.

"Je n'avais pas fait attention, pour être honnête avec toi."

Je pouffe alors légèrement. Il est vrai qu'entre notre conversation, et le torrent de réflexions qui m'occupent déjà, j'ai assez à faire pour ne pas me soucier exactement du contenu du panier, que je me retrouve pourtant à payer lorsque nous arrivons à la caisse. C'est peut-être une autre des choses qui nous différencient : de moi-même, je ne vais jamais vers ce genre d'achats superflus. Peut-être rendu un peu trop soucieux vers les aléas de ma vie passé, tant pis si j'en parais ennuyeux. Lorsqu'on a déjà manqué de tout, on s'assure que ça ne se reproduise plus - voilà du moins ma façon de voir les choses. Enfin, c'est sans rechigner que je me charge aujourd'hui du total, achats supplémentaires compris - pour une fois, ça ne fera pas de mal -, avant d'aider Minwoo à ranger nos achats, puis, de finalement regagner notre appartement.

Le trajet retour se fait dans un silence que rompt uniquement le brouhaha de la ville. Je me demande si, lui aussi, s'égare dans un flot de réflexions trop épais pour être contenu - puis, détourné par le mien, m'éloigne de cette question pour revenir aux autres, tout aussi pressantes, bien plus inquiétantes. Moi-même, je ne songe plus à ouvrir la bouche jusqu'à ce que nous soyons rentrés chez nous, et que je me sois vite débarrassé de ma veste et de mes chaussures, posant rapidement un oeil sur Minwoo qui semble avoir repris le contrôle de la cuisine.

"Hm ? Oui, pas de soucis." Et, m'exécutant tout en parlant, "Tu es sûr que tu ne veux pas que je t'aide ?"

Ce qui ne me dérangerait pas le moins du monde, soyons clairs...mais cette intention est peut-être un peu contredite, lorsque je le laisse déjà s'occuper du dîner, et finis par retrouver mon carnet, quelque part dans le bazar que j'ai laissé traîner sur la table du salon. Parce qu'il y a beaucoup trop de pensées qui se bousculent dans ma tête, aujourd'hui, et quel meilleur moyen de les démêler que les coucher sur le papier ? Voilà le seul que je connais, et ce, depuis des années.
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